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Comment l’éruption volcanique aux Tonga aide à mieux comprendre Mars

La violente éruption du Hunga Tonga-hunga Ha'apai du 15 janvier a marqué les esprits. Toutefois, les scientifiques connaissent bien ce jeune volcan dont ils suivent la formation depuis plusieurs années déjà, car le Hunga Tonga-hunga Ha'apai pourrait notamment permettre de comprendre la formation des volcans martiens lorsque l'eau liquide était encore présente à la surface de la Planète rouge.
Le Hunga Tonga-hunga Ha'apai est un volcan sous-marin situé sur la ceinture de feu du Pacifique.
La région est en effet dominée par la subduction de la plaque Pacifique sous la plaque Indo-Australienne, à une vitesse relativement rapide de 5 à 8 cm par an.
Des volcans martiens étonnamment similaires
La violence de l'éruption est principalement liée à l'environnement sous-marin du volcan.
En effet, le magma, qui remonte rapidement, entre en contact avec l'eau, ce qui provoque une importante explosion.
Dans le cas du Hunga Tonga-hunga Ha'apai, le nuage de cendres a ainsi atteint une altitude de 20 à 30 km.
Le bruit de l'explosion a, quant à lui, été entendu jusqu'en Nouvelle-Zélande, à 2.000 km du lieu de l'éruption.
En effet, le Hunga Tonga-hunga Ha'apai pourrait être un bon analogue terrestre des structures volcaniques visibles sur Mars, mais également sur Vénus car de nombreux petits volcans à la forme conique, très semblables au Hunga Tonga-hunga Ha'apai, ont été découverts à la surface de la Planète rouge.
Formation des îles volcaniques : le combat contre l’érosion
Les scientifiques cherchent donc à quantifier l'impact de l'érosion de l'eau sur la croissance et la stabilité d'un volcan en formation et la façon dont les processus érosifs et volcaniques peuvent se contrebalancer pour mener à l'émergence d'une île volcanique.
Le volcan des Tonga est donc sous intense surveillance depuis 2015, date à laquelle l'île volcanique a commencé à sortir de l'eau.
Depuis décembre, les scientifiques du Goddard Space Flight Center de la Nasa suivaient attentivement l'augmentation progressive de la taille de l'île par le biais de petites éruptions, pensant assister à un processus de balance relativement stable entre l'érosion et la construction volcanique.
L’île volcanique en 2017. Les différents tracés montrent l’évolution de sa morphologie et notamment les effets de l’érosion océanique. © James B. Garvin, Daniel Slayback, Christine Giguere, James J. Frawley, Ghassem Asrar, Karen Andersen, Vicki Ferrini, Wikimedia Commons, domaine public
Il est cependant fortement possible qu'ils assistent à une renaissance de l'île dans les prochaines années, la chambre magmatique située sous le volcan devant permettre de nouvelles éruptions et donc une reconstruction progressive de la structure volcanique.
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