Planète
L'activité humaine a « cassé » une des lois fondamentales de la nature
La répartition de la biomasse dans les océans, qui suit une règle immuable depuis toujours, est aujourd'hui cassée dans la partie supérieure du spectre. La preuve que l'Homme n'est pas un prédateur comme les autres, montre une nouvelle étude.
En 1972, les scientifiques ont découvert que la vie océanique suivait une règle mathématique immuable : plus un organisme est de petite taille, plus il est abondant dans l'océan.
Et cette règle est incroyablement précise
En analysant des échantillons d'eau prélevés dans l'atlantique et le pacifique, ray sheldon, un océanologue du bedford institute of oceanography au canada, a constaté que pour chaque tranche de taille de plancton, on obtient exactement la même biomasse.
Une règle valable des bactéries jusqu’aux baleines
Il s'avère que cette règle se répète pour tous les animaux marins, depuis la plus simple bactérie jusqu’aux baleines.
Cette harmonie naturelle est pourtant en train d'être bouleversée, avertit aujourd'hui Eric Galbraith, professeur à l'université McGill à Montréal (Canada).
Les BOFFFF, premières victimes de la surpêche
Le problème, c'est que la pêche vise prioritairement les créatures marines les plus valorisables et les plus faciles à trouver, que les scientifiques surnomment BOFFFF (Big, old, fat, fecund, female, fish - soit gros, âgé, gras, en âge de féconder, femelle et poisson).
De manière générale, on observe d'ailleurs que les gros animaux sont plus affectés par les activités humaines que les petits, notamment parce qu'ils sont plus sensibles aux modifications de l'écosystème.
La bonne nouvelle, c'est que si l'Homme fait disparaître les espèces à un rythme accéléré, il a aussi le pouvoir de les protéger.
Dans son dernier rapport sur la liste rouge des espèces menacées, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a ainsi noté que quatre espèces de thon sur les sept les plus pêchées sont en voie de rétablissement, grâce à la mise en place de quotas.