Un virus serait à l'origine de la sclérose en plaques

Santé
Un virus qui infecte 90 % de l'humanité semble être l'élément déclencheur de la sclérose en plaques, une maladie auto-immune qui touche le cerveau. C'est la conclusion d'une étude récente parue dans Science, la première à fournir des preuves solides de causalité entre une infection virale et la sclérose en plaques.
Depuis des années, les scientifiques collectent des indices qui suggèrent qu'un virus très commun, l'Epstein-Barr (EBV) serait la cause sous-jacente de la sclérose en plaques, une maladie auto-immune qui touche le système nerveux.
Un article paru le 13 janvier 2022 dans Science est le premier à apporter des preuves solides d'un lien de causalité entre une infection par EBV et l'apparition de la sclérose en plaques.
Cette étude a été rendue possible grâce à la riche collection d'échantillons sanguins de l'armée américaine.
Des nouveaux résultats qui s'ajoutent aux anciens
Tous, sauf un, présentaient des anticorps anti-EBV dans le sérum au moment de leur diagnostic.
De ces données, les chercheurs ont calculé que les individus infectés par l'EBV ont 32 fois plus de risques de développer une sclérose en plaques.
Les débris de la gaine de myéline, qui est détruite par les lymphocytes B dans la sclérose en plaques, n'apparaissent dans le sérum qu'après une séroconversion à l'EBV.
Ces nouveaux résultats vont dans le même sens que d'autres obtenus précédemment.
Ils concluent qu'avoir une mononucléose infectieuse durant l'enfance ou l'adolescence (entre 11 et 19 ans) augmente bien le risque d'être diagnostiqué d'une sclérose en plaques dès l'âge de 20 ans.
La disparition progressive de la gaine de myéline induit des troubles moteurs, cognitifs, visuels, de l'équilibre qui varient beaucoup entre les patients.
Un mécanisme encore à explorer
Plusieurs hypothèses sont à l'étude pour expliquer comment l'EBV pourrait déclencher ces symptômes - aucune n'est confirmée pour l'instant.
Le génome à ADN du virus demeure dans le noyau des cellules, à côté de notre propre génome, si bien qu'une personne infectée le reste durant toute sa vie.
L'EBV cause d'autres maladies que la mononucléose chez les personnes saines, notamment des lymphomes, des cancers caractérisés par une prolifération anormale des lymphocytes, comme le lymphome de Burkitt ou la maladie d'Hodgkin.
Si l'EBV semble bien être l'élément déclencheur de la sclérose en plaques, il n'est pas suffisant pour que la maladie se déclare.
Traiter l'EBV pour prévenir la sclérose en plaques ?
Celui de traiter la sclérose en plaques.
Avec ces résultats, un formidable espoir émerge
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