Vulcano
L'île mythique de la volcanologie est partiellement évacuée
Planète
Depuis le mois de septembre 2021, les systèmes de surveillance de l'Istituto nazionale di geofisica e vulcanologia italien ont enregistré une variation significative de certains signaux volcanologiques détectés à Vulcano, en particulier ceux liés à l'activité du système hydrothermal qui alimente les fumerolles du cratère de La Fossa. Le niveau d'alerte sur l'île est passé du vert au jaune et elle est maintenant interdite aux touristes alors qu'une zone rouge d'évacuation partielle de la population a été instaurée.
Au nord de la Sicile, dans la mer Tyrrhénienne, se trouvent les îles Éoliennes encore appelées îles Lipari du nom de l'île principale.
Cet archipel volcanique est littéralement mythique puisqu'on l'associe à Éole, le maître des vents de l'Odyssée d'Homère.
Pour nous aujourd'hui, Strongylè s'appelle Stromboli et Hiéra s'appelle Vulcano et ce n'est pas étonnant car Héphaïstos pour les Romains de l'Antiquité, c'est le dieu Vulcain.
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Ce qui est moins connu du grand public c'est que pour des volcanologues, les éruptions des dernières années 1880 ont servi à définir en premier lieu l'activité éruptive d'un volcan faisant ce que l'on appelle donc désormais une éruption vulcanienne.
Mercalli est aussi à l'origine d'une classification des séismes en fonction des dégâts qu'ils causent et elle est donc complémentaire de celle de Richter, plus connue, basée sur l'énergie libérée.
Des fumerolles de plus en plus chaudes et importantes
Vulcano, comme presque toutes les îles Éoliennes, est très touristique car jusqu'à présent et depuis plus d'un siècle on pouvait monter sur les bords de son cratère central, la Fossa, et y admirer ses champs fumerolliens avec ses magnifiques dépôts de soufre.
Mais depuis quelques mois, Vulcano inquiète de plus en plus en raison de modifications des paramètres géochimiques et géothermiques des fumerolles, ainsi que des paramètres sismiques et de déformation du volcan.
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Il y a environ un mois, les volcanologues rappelaient que la dernière grande éruption date de 1880 et que La Fossa n'étant pas un volcan éteint mais seulement endormi, des variations des paramètres géochimiques et géophysiques n'impliquant pas forcément une reprise de l'activité éruptive sont normales.
Il n'y avait pas lieu de paniquer et de craindre vraiment une nouvelle éruption... mais on ne pouvait pas l'exclure (on peut trouver une exposition de l'histoire éruptive récente de Vulcano avec ce lien).
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Des émissions de gaz carbonique multipliées par 6
Toujours est-il que le 18 novembre 2021, un communiqué de l'Istituto nazionale di geofisica e vulcanologia faisait savoir que quatre stations géochimiques pour mesurer le flux de CO2 du sol et la concentration de CO2 dans l'air, qui s'ajoutent au réseau existant, et une station Multigaz pour la détection de CO2 et SO2 avaient été installées.
D'autres dispositifs nouveaux sont venus les rejoindre comme une nouvelle caméra thermique surveillant la zone fumerollienne à l'intérieur du cratère de La Fossa.
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La situation s'est aggravée et les volcanologues ont mesuré une augmentation d'un facteur 6 des émissions de gaz carbonique par rapport à la moyenne normale, car ce ne sont pas moins de 480 tonnes de CO2 qui sont maintenant libérées chaque jour.
Des résidents ont déjà manifesté des problèmes respiratoires, et on craint déjà des morts de sorte qu'une zone d'exclusion conduisant 250 personnes à se déplacer a été instaurée alors que l'accès de l'île aux touristes a été supprimé pour au moins un mois.
La zone rouge contenant des magasins et des restaurants reste d'accès libre pendant la journée, mais les résidents ne sont pas autorisés à demeurer chez eux entre 23 h 00 et 6 h 00.